Fév 2017 09

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Une communauté cistercienne rejoint la communauté ÉcoWatt

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À chacun sa façon d’être ÉcoW’acteur. Qu’en pensent les Soeurs de l’Abbaye Notre-Dame de Bon-Secours, nouvelle signataire de la charte d’engagement ?

Bienvenue à Blauvac, petit village perché au coeur de la Provence, entre les monts du Vaucluse et le Ventoux. C’est ici que vit une communauté de moniales trappistines dans l’Ordre cistercien de la stricte observance. Comme son nom l’indique, l’Ordre donne beaucoup d’importance à la vie ascétique, à la prière et au travail, selon la Règle de Saint-Benoît qui gouverne le quotidien monastique.

Comme son nom ne l’indique pas, l’Ordre s’inscrit dans un changement qui allie présence mondiale, nouvelle manière d’être cistercien et spiritualité plus relationnelle. Il y a un peu de tout cela dans la décision d’engager l’Abbaye parmi les ÉcoW’acteurs. Et si Soeur Marie-Samuel est à l’initiative de cette décision, ce n’est pas un hasard.

L’énergie des hosties

Soeur Marie Samuel, c’est la cellérière de l’Abbaye. En d’autres termes, celle qui s’occupe de la vie économique de la communauté : les approvisionnements, les productions… Le travail manuel, comme on sait, fait partie intégrante de la vie monastique. À Notre-Dame de Bon-Secours, la principale activité est la fabrication d’hosties… Plus de 22 millions par an ! Une production qui ne se fait pas par l’opération du Saint-Esprit : le bilan énergétique d’une journée de cuisson d’hosties, c’est tout de même 750 kWh.

Mais en janvier dernier, pendant les quelques jours de grand froid et le signal ÉcoWatt de consommation forte, ni les fours ni les machines de coupe d’hosties made in l’Abbaye n’ont été mis en route. « À l’approche de cette vague de froid, j’ai comme beaucoup de monde entendu parler, par la télé et les journaux, de l’appel au civisme pour la consommation électrique », explique Soeur Marie-Samuel. « J’ai compris que les grandes entreprises et industries étaient mises à contribution, et je me suis dit : pourquoi pas nous ? ».

Solidarité électrique

L’atelier de production de l’Abbaye a été sensibilisé en priorité. Le message est ensuite passé dans la communauté… Même si les soeurs les plus âgées, qui ont connu des privations extrêmes pendant la IIe Guerre Mondiale, ont logiquement un peu de mal avec le concept de modération électrique.

Chacune fait donc selon son souhait : penser à éteindre les lumières, dégivrer les réfrigérateurs, ne pas laisser en veille les imprimantes et les ordinateurs… « Dans le film Demain, il est dit qu’on gaspille l’équivalent d’une centrale nucléaire pour produire l’électricité nécessaire à la veille de nos appareils », rappelle Soeur Marie-Samuel. « Au-delà du civisme, ce qui m’a paru intéressant dans l’engagement proposé par ÉcoWatt, c’est l’idée de solidarité : on fait tous quelque chose pour que personne ne manque d’électricité ».

Communauté EcoWatt

Mais alors, la Charte d’ÉcoWatt Paca serait compatible avec la Règle de Saint- Benoît ? Soeur Marie-Samuel répond dans un sourire en citant la Carta Caritatis, la charte de charité écrite au XIIe siècle par un abbé de Cîteaux, Étienne Harding :

« Cette charte régit les relations entre abbayes et monastères de l’Ordre. Elle inclut le soutien et le service mutuel, matériel, financier, spirituel. Nous engager dans ÉcoWatt, c’est un peu élargir cette vision… ».

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