Avr 2017 27

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Le filet de sécurité Paca… C’est quoi déjà ?

Posté dans Actualités

Deux ans après sa mise en service, il fait si bien son office qu’on a un peu tendance à l’oublier. Invisible mais indispensable, il est bien plus qu’une roue de secours pour l’alimentation électrique régionale, et rien moins qu’une étape essentielle pour la transition énergétique en Provence-Alpes-Côte d’Azur…

On ne parle jamais des trains qui arrivent à l’heure. Pas plus que des grandes infrastructures qui tiennent leurs promesses sans laisser de traces… C’est le cas du filet de sécurité Paca. Vous aussi, vous avez besoin qu’on vous rafraîchisse la mémoire ? Il s’agit d’un des plus grands projets d’équipement électrique français des 15 dernières années : trois liaisons à 225 000 volts, totalisant 107 km de tracé entre le Var et les Alpes-Maritimes, aménagées en souterrain au fil d’un chantier à faible impact sur le paysage. L’ouvrage ne se voit pas, mais deux ans après sa mise en service, il reste une prouesse technologique et le détenteur d’un record mondial(1). Surtout, le filet fait son boulot. Les trois liaisons maillent en effet le réseau pour garantir que l’électricité trouvera toujours son chemin vers le Var et les Alpes-Maritimes, même en cas d’incident sur la ligne principale à 400 000 volts. Ainsi, l’alimentation électrique de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur est au même niveau de sécurité que les autres régions de France métropolitaine.

La roue de secours ?

Un exemple : en avril 2016, un incident sérieux a affecté la ligne entre Draguignan et Fréjus. La réparation a exigé une semaine de mobilisation aux équipes RTE. Grâce au filet de sécurité, et notamment la liaison Biançon-Fréjus, l’alimentation électrique des 110 000 habitants de l’agglomération fréjussienne a pu être assurée sans perturbation pendant les réparations. Le filet de sécurité tient donc sa promesse : les pannes, les aléas, les incidents sur le réseau, mais aussi les pointes de consommation lors des vagues de froid hivernales sont traitées avec plus de sérénité depuis que ces trois liaisons fonctionnent. L’électricité arrive à l’heure… Mais on aurait tort pourtant de réduire l’ouvrage à la réduction du risque. C’est plutôt d’augmentation des possibles dont il est question.

Solidarité électrique

Le paysage électrique régional est en train de changer : les capacités de production en énergies renouvelables se sont beaucoup développées ces dernières années. Savez-vous que désormais, le Var est au 3e rang des départements français dotés de la plus forte capacité de production solaire photovoltaïque ? Et que les Alpes-de- Haute-Provence sont à la 5e place de ce même classement ? À eux deux, ces territoires disposent de plus de 400 MW de puissance installée : c’est plus qu’il n’en faut pour les besoins locaux. Et c’est là que le filet de sécurité devient maillon de solidarité. Quand le soleil est généreux et la production solaire excédentaire, les liaisons sont là pour faciliter et fluidifier l’acheminement de l’énergie depuis la Haute-Provence vers le littoral de la Côte d’Azur, plus peuplé, et donc plus demandeur d’électricité.

Mais à quoi va servir ÉcoWatt ?

Vous commencez à vous poser la question… et vous avez raison : si le filet sécurise l’alimentation électrique de l’est Paca, s’il permet au réseau de mieux supporter les pointes de consommation électrique hivernale, si la production locale d’énergie solaire abonde, a-t-on encore besoin de parler de modération électrique ?

La réponse est oui. Trois fois oui.

Oui, parce qu’on ne peut pas abuser de l’électricité au-delà des capacités de production disponibles. Une limite reste tracée, un dispositif d’information doit être maintenu.

Oui, parce que la transition énergétique, c’est une production de plus en plus renouvelable et intermittente… Donc une électricité pas disponible de la même façon à tout moment… Donc une consommation qui doit devenir plus flexible en s’aidant des smarts grids et des nouvelles technologies de stockage.

Oui, parce qu’ÉcoWatt pourrait devenir demain le baromètre quotidien de la production et de la consommation électrique régionale, permettant ainsi à 5 millions de provençaux, d’alpins et d’azuréens de consommer en pleine intelligence, en maniant usage, stockage, modération, effacement…À suivre !

(1)65 km entre Boutre-Trans, la plus longue liaison souterraine en courant alternatif à 225 000 volts de tension à ce niveau de puissance, 600 MW.

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