Jan 2017 13

actu

Paca en froideur, pic au compteur ?

Posté dans Actualités

Ou comment faire la différence entre froid ressenti et froid anormal pour comprendre les facteurs déclencheurs des pointes de consommations électriques hivernales…

Pour le calendrier, l’hiver en France commence le 21 décembre, jour du solstice et donc d’ensoleillement minimal. Mais pour les météorologistes, l’hiver commence… le 1er décembre. Explication : les saisons météorologiques ne sont pas déterminées par les durées d’ensoleillement, mais par les températures. Or, le 21 décembre n’est pas le jour le plus froid de l’hiver. Du fait de l’inertie de l’atmosphère, ce n’est qu’à la mi-janvier que les températures sont au plus bas. La météorologie place donc le milieu de l’hiver à ce moment-là, et répartit la saison autour de ce repère en trois mois pleins : décembre, janvier, février.

Mon froid n’est pas ton froid

Et pour nous, habitants de Provence-Alpes-Côte d’Azur, ça commence quand, l’hiver ? Ni le 1er, ni le 21 décembre. Il commence le jour où on ressent le froid qu’on associe à l’hiver. Non seulement cette perception physiologique de la température varie d’un individu à l’autre, mais elle est aussi fonction des conditions atmosphériques. Ainsi, les météorologues font la différence entre la température de l’air, mesurée sous abri par une sonde placée à 1,5 m du sol, et la température ressentie, qui prend en compte l’impact du vent sur la sensation de froid. Exemples : 10°C à Nice au soleil et sans vent donne une température ressentie proche de 20°C, tandis que 0°C à Arles à la nuit tombée sous un Mistral de 60 km/h nous entraînent plutôt vers – 9°C.

Ces facteurs, associés à la prédominance du chauffage électrique, et à une perception du confort thermique là encore très variable (d’un individu à l’autre et d’un logement/lieu de travail à l’autre), participent à la hausse de la consommation électrique observée en Paca quand il fait froid : – 1° au thermomètre donne + 245 MW de plus au compteur, la consommation d’une ville comme Toulon.

Rien à signaler

Mais alors, pourquoi le signal ÉcoWatt ne s’est pas déclenché pendant les fêtes ou début janvier ? Pourquoi le voyant est-il resté au vert alors que la région a connu quelques jours à basses températures ? C’est encore une fois une question de ressenti ! Grelotter dans les rues ou même frissonner chez soi ne signifie pas que toute la région a froid. ÉcoWatt n’a rien signalé… parce qu’il n’y avait rien à signaler. Il a fait froid, oui, mais dans la normale saisonnière (pour mémoire, la normale hivernale en France, c’est 5,4 °C en moyenne). Les prévisions de pointes de consommations électriques régionales entre 18h et 20h n’ont donc jamais atteint 7500 W.

Prévisions sur lesquelles, rappelons-le, repose tout le dispositif ÉcoWatt. Prévisions, rappelons-le aussi, établies chaque jour et réajustées en temps réel par RTE, à partir des historiques de consommation électriques (de la veille ainsi que du même jour de la semaine et de l’an passé) croisées avec les données Méteo France régionales sur les températures, la nébulosité et le vent.

L’effet de pointe

En général (mais ce n’est pas systématique), ces modèles de calcul prédisent des pointes de consommation fortes voire extrêmes quand les températures deviennent anormales pour l’hiver, donc en dessous de la normale saisonnière. Et ce pendant plusieurs jours d’affilée. C’est à ce moment-là qu’une combinaison complexe d’usages électriques collectifs et de ressentis thermiques individuels font grimper l’appel de puissance. Notamment entre 18h et 20h, quand bureaux et magasins sont encore ouverts alors que la vie des foyers reprend…

Maintenant, si l’on considère la saison météorologique, le pic de l’hiver est là, et une vague de froid s’invite en France la semaine prochaine. ÉcoW’acteurs, soyez prêts pour le signal !

Retour aux Actualités